Il y a plus de deux ans, j’ai commencé à éditer un blog technique à propos de la gestion des organismes à but non lucratif. A l’époque j’avais choisi Blogger parce que, sans expérience, l’outil me paraissait simple et rapide à prendre en main. J’ai profité du passage à la version beta pour expérimenter toutes sortes de widgets et essayer de mériter ce nom de “blog-ressources”.

Aujourd’hui, le blog enregistre 150 à 200 visites par jour ; le flux RSS est souscrit par une centaine de lecteurs et 55 personnes reçoivent la mise à jour par e-mail. Un peu plus de 350 articles sont “rangés” sous une centaine de labels.

Si l’on part de l’expérience des utilisateurs, les échos qui me reviennent le plus sont la difficulté à naviguer dans le blog pour en exploiter tous les contenus. Il est vrai que malgré les widgets de la barre latérale, il est souvent difficile (même pour moi) de s’y retrouver.

Cela se traduit par des statistiques de fréquentation qui ne me satisfont pas : un fort taux de rebond (de l’ordre de 60%), une durée moyenne des visites assez brève (environ 2′30) et un nombre limité de pages vues par visites (en moyenne 2,3 pages).

Ajoutez à cela l’impossibilité de travailler sérieusement sur le référencement et une interface de gestion du blog encore un peu rigide, et me voilà parti de chez Blogger. Non sans regrets ; parce que j’avais fini par m’attacher à mon vieux template et surtout que j’abandonne mon PR 4 chez blogspot (ce qui n’était finalement pas si mal).

Alors quels sont les nouveaux objectifs avec Wordpress ?

Je veux tout d’abord améliorer l’expérience “utilisateur”, la navigation interne et la lisibilité globale du blog. Pour cela j’ai choisi un thème de type magazine, Mimbo, développé par Darren Hoyt, que je trouve particulièrement bien adapté à mes habitudes éditoriales. Le thème découpe la page d’accueil en différentes zones qui accueillent chacune des catégories différentes. Sous le dernier billet publié, j’ai donc un espace réservé aux news sectorielles et un autre accueillant les principales catégories consultées par les utilisateurs. l’en-tête comporte aussi une barre de navigation horizontale qui permet de faire des liens ou bien de présenter les principales catégories. Je dois reconnaître que le boulot de Darren est superbe et que la réalisation technique est impeccable.

Je veux également stabiliser (dans la mesure du possible) le référencement de mes articles dans les moteurs de recherches. J’ai eu en effet quelques déceptions récemment avec mon positionnement dans les résultats Google. Je pense qu’il s’agit essentiellement d’un problème de duplicate content car la chute a correspondu avec la reprise de mes billets par l’agrégateur Paperblog. Mais Blogger est connu aussi pour ses URL tronquées et tout cela n’était pas vraiment propre en termes de SEO. A ce point de vue, Wordpress est particulièrement bien équipé en plugins vous permettant de générer des URL impeccables, des noms de page “sexy” et d’insérer dans vos billets des méta-tags à la volée.

Pour mettre en valeur la quantité de contenus disponibles sur le blog, je dispose chez WP de plugin permettant d’afficher les articles relatifs à la fin d’un billet et des fameuses “pages” de WP qui peuvent être utilisées comme point fixe du blog à propos de thématiques ou de catégories fondamentales. Par ailleurs, la taxonomie de WP permet de combiner “catégories” et “tags”, ce qui permet un référencement beaucoup plus fin des contenus (et donc une meilleure navigation interne).

Enfin, dernier objectif, je veux faire de ce blog le point central d’un univers dédié à une catégorie d’utilisateurs, les dirigeants d’organismes à but non lucratif. Cet univers comprendra un site sous Joomla, un univers Netvibes (en construction), une barre d’outil Conduit (en construction) et un forum. Avec le plugin Simple Forum, on peut installer en deux coups de cuillère à pot, un forum à l’intérieur de son blog, trop bien, non ?

Voilà donc pourquoi je passe sous Wordpress ; regardez ici le résultat (provisoire)

Un site très web 2.0 vient d’apparaître sur le marché : Not2be. Il permet aux élèves d’évaluer leur professeur, en leur attribuant des notes dans différents domaines (clarté, autorité, interactivité…)

L’évaluation est une forme plutôt répandue d’UGC. Sur de nombreux sites du web 2.0, les utilisateurs sont habitués à évaluer prestations et prestataires et cela participe pour une large part de l’efficacité du service rendu. Sur E-bay, on évalue les vendeurs, les digg-like permettent d’évaluer les auteurs, des sites spécialisés permettent aux voyageurs d’évaluer les destinations touristiques et les hôtels, etc.

Les outils en ligne permettent de donner facilement la parole aux clients/utilisateurs. Voter ne demande qu’un clic et avec le web 2.0, on serait tenté de mettre à l’évaluation tout et n’importe quoi.

Face à un commerçant de proximité, rien ne m’empêche plus de dire que je préfère telle crémerie ou tel coiffeur et de le publier sur le web, sur une carte, un forum ou un blog. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour des prestataires de service plus institutionnels comme les banques, les professionnels du droit et du chiffre. Face à ces prestataires de services hyper spécialisés, le consommateur est bien démuni : il se fie au bouche-à-oreille et à son intuition lors du premier contact.

L’évaluation de l’efficacité professionnelle présenterait de nombreux avantages, mais principalement, elle permettrait par la transparence de rééquilibrer le rapport de force entre consommateur et professionnel.

Alors pourquoi, je donne peu cher de l’avenir de Not2be ?

Un enseignant n’est pas une entreprise ayant pignon sur rue ; les élèves ne sont pas des clients. Publier en ligne des informations nominatives relatives à sa profession et l’endroit où elle travaille constitue une violation caractérisée de la vie privée.

Par ailleurs, le traitement automatisé de données nominatives malgré l’opposition des personnes concernées est sanctionné par l’article 226-18-1 du Code Pénal. Les enseignants auront beau jeu d’envoyer une petite lettre-type demandant le retrait des informations les concernant. Je vois vite le site crouler sous les demandes, sous le menace permanente d’une action judiciaire.

La justice s’est déjà prononcée sur ce genre d’affaire. Regardez ici (via le Village de la justice) une décision de la Cour d’Appel de Bourges à propos d’une liste nominative de notaires soi-disant indélicats.

En 2002-2003, une association avait entretenu et diffusé une liste noire recensant les noms et coordonnées de 2500 officiers ministériels, coupables selon l’association de malversations, d’irrégularités et de graves manquements à leurs obligations professionnelles.

La CNIL a été saisie par des notaires qui avaient fait exercice de leur droit de communication et de rectification. L’association n’avait pas donné suite à ces demandes et elle est sanctionnée par les juges. Pourtant il s’agissait de professionnels, mentionnés en dehors du cadre de la vie privée.

Un blog s’est monté pour fédérer les réactions négatives au site Not2be. J’ai également discuté de Not2be sur mon blog associatif, ici.

Affaire à suivre

Pour de nombreux acteurs du web, l’enjeu est de distribuer efficacement leurs contenus aux utilisateurs. L’avènement du web 2.0 a permis de passer d’un modèle “pull”, où c’est l’usager qui va chercher les informations à un modèle “push” où l’information vient vers lui.

Tous ceux qui distribuent des contenus se demandent désormais comment les “pousser” efficacement vers l’utilisateur. Techniquement il s’agit de réduire, voire de supprimer, le nombre de clics qui seront nécessaires pour que l’utilisateur accède à l’information, tout en s’assurant que la sollicitation à consulter les informations sera permanente.

Dans le principe, la solution consiste à s’installer au plus profond de l’intimité de l’utilisateur pour rendre l’accès à l’information immédiat et multiplier les sollicitations à la consulter. Tout cela bien-entendu, sans être intrusif, c’est-à-dire sans perturber l’expérience personnelle de l’utilisateur…

Pour ce faire, plusieurs approches sont possibles.

  • Coloniser l’outil de navigation
  • Proposer un environnement global de navigation

Favoris, page de démarrage, barre d’outils du navigateur

La première solution consiste à s’installer au cœur du navigateur de l’utilisateur. Dévoyée par le malware, qui se caractérise par une installation forcée et des manifestations intrusives, cette stratégie s’analyse comme le niveau zéro de la distribution et relève clairement du web 1.0 ; elle passe par l’enregistrement en favori ou en page de démarrage du site diffusant les informations.

La fonction “enregistrer dans vos favoris” reste dans le domaine du pull, mais elle économise le recours au moteur de recherche. C’est l’utilisateur qui décidera de revenir sur le site, à supposer qu’il se souvienne de l’avoir enregistrer en favori.

Le passage à un modèle push se fait certainement avec la fonction “faire de cette page votre page de démarrage“. Ici une première forme d’abonnement est souscrite, puisque les informations sont présentées à chaque lancement du navigateur. Le problème, c’est que l’on ouvre son navigateur…pour naviguer et que la page de démarrage est quittée immédiatement si elle ne “colle” pas un tant soit peu.

Comment faire pour rester présent tout au long de la navigation de l’utilisateur, quel que soit le parcours qu’il effectue sur la Toile ?

Il suffit de s’installer dans la barre de navigation, cette partie fixe de la fenêtre, indépendante du site visitée, à laquelle l’utilisateur recourt systématiquement pour se déplacer sur internet. D’où l’idée de développer une barre d’outils, à installer dans le navigateur, qui accompagnera l’utilisateur partout où il va.

Cela est désormais à la possibilité du premier venu (y compris des béotiens, avec un outil comme Conduit, qui permet de construire et de diffuser une barre d’outils personnalisée).

Pour un diffuseur d’informations, développer sa propre barre d’outils constitue un bon moyen d’être omni-présent dans la navigation de l’utilisateur. regardez par exemple la barre de Techcrunch (eng) ou celle que je développe en ce moment à destination des dirigeants d’association 1901.

Le portail, une solution 1.0 pour garder l’utilisateur captif

Une autre solution pour garder l’utilisateur captif consiste à lui fournir un environnement global de navigation. C’est l’esprit du portail thématique ou dédié à une marque.

Généraliste, centré sur un thème ou une communauté, le portail propose un bouquet de contenus divers et variés, en relation avec le(s) centre(s) d’intérêt(s) supposé(s) de l’utilisateur. Les contenus à diffuser sont insérés dans cet ensemble suffisamment large et profond, censé satisfaire l’essentiel des besoins de l’utilisateur.

Là encore, efficacité limitée, car le portail est soit large, soit profond, mais rarement les deux. L’utilisateur, même s’il l’a adopté comme page de démarrage, s’en échappe à la moindre occasion. Chaque utilisateur a un parcours de navigation qui lui est propre et le portail reste incapable de s’adapter à chacun.

D’où l’idée …

Les pages personnelles et le widget

La page perso est un portail vide que chaque utilisateur peut personnaliser en fonction de ses habitudes de navigation. Utilisant largement le RSS (qui est la technique push par excellence), la page perso se donne les moyens de garder son utilisateur captif parce qu’elle le laisse s’organiser à sa guise, en choisissant lui-même les contenus qu’il retrouvera sur son portail et en lui permettant même d’intégrer certains de ses outils personnels (messagerie).

En réunissant toutes les sources et les sites web favoris de l’utilisateur ainsi que les widgets qui s’ouvrent vers des services extérieurs, la page perso devient un univers de navigation privilégié, une véritable boite à outils pour utiliser des ressources en ligne.

La diffusion des contenus vers l’utilisateur se fait alors par un widget, un petit module à installer dans la page perso qui est tenu à jour de manière dynamique, grâce au RSS. Un progrès est réalisé dans la mesure où l’utilisateur d’une page perso en fait le point de départ de la plupart de ses navigations et qu’il y utilise certains de ses outils personnels.

Les éditeurs de contenus ont tout intérêt à fournir leurs informations à l’intérieur d’une page perso. Ils s’insèrent ainsi dans l’environnement global de navigation propre à chaque utilisateur.

L’univers Netvibes, une “portaillisation” de la page perso

L’univers Netvibes est un portail construit à partir d’une page perso. Disposant d’une URL propre, l’univers est consultable en ligne par n’importe qui, sans enregistrement préalable. L’utilisateur peut le consulter comme un site web, l’enregistrer en favori et en page de démarrage ou bien l’adopter comme page personnelle, en s’enregistrant chez Netvibes. Insérés dans l’univers, des widgets permettent de diffuser efficacement les contenus.

On dispose de tout les avantages du portail sans ses inconvénients. L’intégration de flux RSS par des widgets permet de “pousser” en permanence de nouveaux contenus vers l’utilisateur.

Ce qu’il manque encore à l’univers Netvibes pour constituer un outil idéal, c’est la possibilité de figer les onglets, interdisant à l’utilisateur de supprimer les widgets qu’il trouve inutiles.

WEBJAM offre également une solution de portail à construire et à distribuer.

En fournissant à l’utilisateur un portail adapté à ses besoins et personnalisable, le diffuseur de contenu s’assure un accès privilégié au cœur de l’environnement de travail de sa cible.

On suit avec intérêt les tentatives de Facebook de monétiser sa plateforme, suite à la prise de participation de Microsoft, et les levées de bouclier que cela suscite chez les utilisateurs. Il me semble bien que le réseau aux 15 milliards de $ est dans une impasse, victime d’une grossière erreur de stratégie.

La plupart des entreprises Web 2.0 ont construit leur modèle économique sur une unique source de revenus, les recettes tirées de l’affichage de publicité. Contrairement à ce qui se passe dans l’économie traditionnelle et les firmes 1.0, ce n’est pas l’usager bénéficiaire d’un service qui le rémunère mais un tiers, l’annonceur publicitaire.

Dans ce modèle, la recette du succès est assez simple : plus l’application générera de pages vues, plus sera important le nombre de clics rémunérés effectués sur les pages. L’usager étant le principal producteur de contenus (UGC), il est donc logique de lui offrir gratuitement le service et de tout faire pour l’inciter à l’utiliser, voire à le diffuser auprès de son réseau (logique virale des réseaux sociaux).

De là, une gratuité quasi systématique des services proposés et l’ouverture du système aux applications tierces par le biais des API. Ces API sont une sorte de clé qui permet d’installer sur une plateforme des applications tierces. Là aussi, on vise une dynamique virale. Les API Facebook sont légion ; chacun, des plus gros (E-bay, par exemple) au plus petits développeurs indépendants propose son application. Netvibes fonctionne également sur ce modèle service rendu gratuitement aux utilisateurs et technologie largement ouverte par le biais des modules et de l’API.

A première vue, l’échange paraît “gagnant-gagnant” : en offrant sa technologie à des développeurs extérieurs, la plateforme étend ses fonctionnalités à moindre coût et les développeurs d’applications tierces diffusent leur produit à grande échelle, en profitant d’un réseau d’utilisateurs qui ne leur a rien coûté.

Mais c’est une illusion : en offrant gratuitement son service aux utilisateurs et sa technologie aux développeurs extérieurs, la plateforme se prive de toute possibilité de monétiser sa valeur ajoutée auprès de ceux qui en profitent réellement.

Ce web 2.0 fait cadeau de sa valeur ajoutée à ceux qui en profitent réellement pour choisir de se rémunérer exclusivement auprès d’annonceurs publicitaires, qui n’ont finalement d’yeux que pour son aptitude à générer de la page vue. On marche sur la tête…

Le modèle économique d’un Webwag me paraît beaucoup plus viable : le service est monétisé auprès de ceux qui en tirent réellement un avantage, principalement les applications tierces (sites de e-commerce et services en recherche de visibilité).

Edit : curieuse coincidence. Simple entrepreneur publie ce jour un billet intitulé la gratuité dans le web, une illusion à long terme

Alors que l’on s’interroge déjà sur ce que sera le prochain internet, on commence à peine à formuler le paradigme économique qui sortira vainqueur de l’ère du web 2.0.

Et les sectateurs du web 2.0 de se demander qui peut aujourd’hui revendiquer la place que les portails et les moteurs de recherche avaient occupée pendant les années 1990-2000 ? Acteurs et analystes organisent et décrivent une grande migration, qui semble converger irrésistiblement vers les différents modèles de réseaux sociaux.

Il n’est pas exagéré de parler de rupture, au sens anthropologique du terme, même si ce phénomène était déjà entrevu ex ante, par un Leroi-Gourhan, par exemple, qui dans “Technique et langage” constate que “…l’homme, qui reste dans son corps un mammifère normal, se dédouble dans un organisme collectif aux possibilités pratiquement illimitées de cumul des innovations.”

Examinés d’un point de vue anthropologique, les apports du web 2.0 sont ceux de tout un contexte porteur de bouleversements culturels et sociaux. En proposant aux utilisateurs de partager leurs informations avec des outils d’édition simples et gratuits, le web 2.0 et les réseaux sociaux ouvrent de nouvelles perspectives à l’intelligence humaine et aux activités sociales déployées par les hommes.

Les réseaux sociaux s’appuient sur des caractéristiques anthropologiques fondamentales de notre société, y compris son économie numérique. Comme je l’ai expliqué ici, les réseaux sociaux en ligne suscitent la création du lien social en représentant la proximité entre les individus. Ils font une formidable caisse de résonance à cette prédisposition humaine à multiplier les partenaires avec qui échanger de la valeur.

Il apparait à tous que c’est bien la “communautarisation” des contenus réalisée au travers des réseaux sociaux qui révèle la dimension anthropologique du nouvel internet.

Je commence ici la publication des anciens billets du blog “Créer et animer une association 1901″ qui avaient trait au web 2.0. Que les lecteurs de ce blog veuillent bien m’en excuser.

Ici j’ai fait sur le texte original quelques modifications.

Un débat est récurrent entre les les blogueurs : faut-il afficher des liens publicitaires sur son blog et quelle attitude face à la monétisation de la blogosphère par les régies publicitaires ? (Ici le témoignage précieux et la réflexion éclairante d’Eric Dupin)

Personnellement, j’affiche sur le blog “Créer et animer une association loi 1901” des annonces Adsense (régie publicitaire de Google) et je vois au moins 5 bonnes raisons de le faire :

- Les liens publicitaires sont une catégorie de contenus parmi d’autres. Quand je regarde les pubs affichées, je me dis que le ciblage n’est pas si mal fait et que ces liens procurent à mes visiteurs certaine valeur ajoutée.

- Je range le nombre de clics payants parmi les premiers critères d’évaluation d’un blog. Il s’agit de l’aptitude de l’outil en ligne à créer du lien social et de l’interactivité ; les clics sur les liens publicitaires sont un moyen comme un autre de rendre les utilisateurs actifs,

- Aussi minime soit-elle, la rémunération obtenue par les clics de l’utilisateur crée une contrepartie à l’engagement du blogueur et permet de se situer dans une logique d’échange. Avant d’être pris comme la rémunération d’un travail, les recettes publicitaires contribuent à concrétiser la valeur socio-économique du blog en tant que média d’information.

- Le calcul consistant à renoncer aux revenus de la publicité sous prétexte qu’ils sont minimes est irrationnel au plan macro-économique. On sait que les blogs de niche présentent une bonne attractivité marketing [via steph] ; c’est le marché de la longue queue. Renoncer à s’afficher dans la grande queue, c’est pénaliser la réalisation de ce nouveau média universel que nous promet le web 2.0.

- Lorsque le blog rend au lecteur un service à valeur ajoutée (avis d’expert, veille professionnelle, PA, etc), il est légitime d’attendre une forme de rémunération. Quand on se situe dans une démarche authentique, il doit toujours être possible d’aborder cette question ; il n’y a aucune honte à cela, la coopération et l’échange (monétisé ou pas) sont inscrits dans notre nature humaine, au sens anthropologique du terme

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Je commence ici la publication des anciens billets du blog “Créer et animer une association 1901″ qui avaient trait au web 2.0. Que les lecteurs de ce blog veuillent bien m’en excuser.

Si je me passionne pour le web 2.0 (moi qui n’ai rien d’un geek), c’est que je suis persuadé que cette nouvelle approche de l’internet préfigure une organisation économique et sociale alternative, plus respectueuse des hommes et de leur environnement.

L’esprit du web 2.0 (proximité et participation) peut être transposé à certains secteurs de l’économie traditionnelle ; c’est ce qu’on appelle l’économie directe ou le circuit court.

Le circuit court existe surtout dans le domaine des denrées alimentaires. Il vise à privilégier un lien direct entre producteur et consommateur, lien construit sur la proximité géographique et la participation active du consommateur.

Ce manière de voir le commerce présente plusieurs avantages.

En supprimant les intermédiaires, elle met fin au phénomène bien connu en économie de l’empilement des marges. En cela, elle permet une répartition différente de la valeur ajoutée (meilleure rémunération du producteur et/ou baisse de prix).
Par ailleurs, la proximité géographique entre les lieux de production et de consommation réduit les transports, ce qui est favorable sur le plan écologique, mais également pour la qualité et le prix du produit.

En France ce sont principalement les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) qui portent ce flambeau. Une AMAP fédère un groupe de consommateurs autour d’un agriculteur. Les consommateurs s’engagent à recevoir régulièrement une livraison et quelques fois préfinancent la récolte.

Pour le producteur, les avantages sont évidents : il pourra ainsi écouler tout ou partie de sa production de manière sécurisée et avantageuse en terme de prix (suppression des intermédiaires avec lesquels le rapport de force est toujours défavorable).

Pour les consommateurs, les bénéfices sont également réels. Le lien de proximité avec celui qui produit ce qui se trouve dans votre assiette est rassurant, voire revigorant. La possibilité de se rendre sur place, de voir, -quelques fois de participer- répond à l’attente de nombreux consommateurs.

Au Japon, ils sont en train d’inventer le circuit court totalement 2.0 ; regardez ici comment les agriculteurs japonais peuvent marketer eux-même leurs produits avec leur…téléphone portable (via le groupe Yahoo lelienccircuitcourt).

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Je commence ici la publication des anciens billets du blog “Créer et animer une association 1901″ qui avaient trait au web 2.0. Que les lecteurs de ce blog veuillent bien m’en excuser.

En réponse à business garden qui dans un excellent billet de synthèse se pose la question des centaines de réseaux sociaux, pour quoi faire ?

Le succès des réseaux sociaux en ligne et autres systèmes communautaires du web 2.0 repose sur notre tendance archaïque à nous chercher des partenaires.

Les anthropologues ont démontré que l’homo sapiens était une espèce collaborative par excellence. Il apparaît que les humains sont certes des mammifères supérieurs mais ils sont plutôt “généralistes” en terme de compétences et assez “médiocres” sur le plan des performances physiques. Pour cette raison, ils ne peuvent survivre et se réaliser que dans l’interaction avec leur semblables ; ils sont donc habitués à chercher en toutes circonstances des partenaires avec qui collaborer en vue d’une bénéfice mutuel.

Tout au long du processus d’hominisation, la socialisation nous a été imposée, souvent de manière cruelle : pendant quelques millions d’années, disposer de partenaires fiables (pour la chasse, s’occuper des enfants, organiser la cueillette et la conservation des aliments, procurer outils et armes, garder la hutte et entretenir le feu pendant mes absences, etc) a été une condition de survie.

Par ailleurs, les âges sombres qui nous ont précédés connaissaient une logique tout binaire : celui qui n’était pas un collaborateur potentiel se transformait vite en prédateur. Dans de nombreuses circonstances, il nous faut rapidement pouvoir se “faire un avis”.

La sociologie et les sciences cognitives ont démontré que cette tendance (quasiment innée) à la socialisation est effectivement guidée par le principe de fiabilité. Dans les multiples communautés qui s’offrent à nous, on choisit toujours celles dont les membres présentent pour nous la plus grande fiabilité. Cela commence chez l’enfant qui construit son premier réseau à partir des ascendants et collatéraux qui l’entoure.

Le cerveau est ainsi fait que, face à toute sollicitation sociale, je dispose intuitivement d’une prise de position toute personnelle : est-ce que la personne m’est sympathique, suis-je en confiance, peut-on engager la conversation, quels types d’interaction suis-je prêt à envisager dans ce contexte, etc. C’est un peu les mêmes mécanismes qui sont à l’oeuvre dans le métro aux heures de pointe, quand l’on ressent immédiatement qu’une certaine personne est trop proche de soi.

Sur le plan anthropologique, ces comportements posent la question fondamentale de la confiance en autrui ; de quelles manière ont vient-on à porter un jugement sur l’aptitude d’un tel à collaborer -au sens social, interagir- avec soi, dans une relation bénéfique et durable ?

Le cerveau compile très rapidement de nombreux indices, à partir desquels il établit immédiatement une projection, des anticipations positives ou négatives, qui vont déterminer mon comportement et décider de la suite de l’interaction sociale.

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