Les sites web 2.0 alimentés par les contenus générés par les utilisateurs (UGC) doivent toujours réfléchir sérieusement à leurs conditions générales de ventes ou service. La responsabilité des éditeurs peut très vite être engagée ; c’est maintenant une réalité bien établie dans la blogosphère.

Qualité1901 est un site gratuit propulsé par Wordpress pour collecter et publier en ligne des informations à propos des associations 1901 dans un objectif de transparence et d’ouverture. Dans ce cas précis, le service conduit indirectement la publication en ligne d’informations nominatives, ce qui pimente un peu plus la situation.

Voici les conditions générales de ce site qui fonctione sur la base du plugin TDO mini Forms.

 

Ce site vous est proposé par les Editions Associatives. Il fait partie de la galaxie Association1901.fr

Le responsable éditorial de ce site est Laurent Samuel. Pour toute information/suggestion concernant ce site, pour annuler ou faire modifier une déclaration concernant votre association, vous pouvez envoyer un e-mail à cette adresse.

Une déclaration CNIL sera bientôt faite (mais nous attendons de voir quel est le succès rencontré par le système). Sachez cependant que nous collectons les adresses IP des déclarants.

Nous nous réservons le droit de suspendre ou modifier ce système de publication à tout moment et sans préavis ainsi que de bannir tout utilisateur au comportement abusif.

En souscrivant et en validant le formulaire, vous déclenchez la génération automatique d’un billet de blog, sur une plateforme Wordpress hébergé par les Editions associatives. La génération du billet est réalisée grâce au plugin de Mark Cunnigham, TDO MiniForms.

Votre déclaration devient définitive ; elle possède sa propre adresse sur internet (permalink) et elle est accessible au plus large public par les moteurs de recherche. Il en va de même pour les fichiers que vous mettez en ligne.

En souscrivant une déclaration en ligne, vous assurez la publication d’informations sur une vaste échelle et vous organisez la transparence du fonctionnement de l’association. Cela prend une importance particulière si vous êtes dirigeant. A ce titre, vous pouvez également obtenir la rectification des informations publiées et demander leur suppression. Mais en publiant le fonctionnement institutionnel, vous acceptez le débat public à l’intérieur de l’association. Vous pouvez prendre connaissance ici de l’ensemble de nos conditions générales.

Nous n’assurons aucune vérification des informations soumises, ni de la qualité des déclarants. Nous déclinons donc toute responsabilité pour les conséquences qui pourraient résulter d’informations erronées ou non tenues à jour.

Dirigeants, si vous estimez que des informations publiées à propos de votre association sont erronées ou portent préjudice à vous personnellement ou à votre association, vous pouvez en demander la suppression ou la rectification par un simple e-mail envoyé à cette adresse.

Consultez également les FAQ.

Depuis le bide de Not2be, on s’interroge sur les limites à ne pas franchir en matière d’évaluation en ligne. Je n’ai encore rien lu de bien convaincant sur les enseignements juridiques à tirer de cette affaire (il faudra que j’ouvre un jour ce dossier).

Moi, je continue à réfléchir à mes histoires d’évaluation des associations 1901. Je donnerai bien à ce label de bonne gouvernance et de transparence financière un petit goût de web 2.0 : du contenu généré par les usagers, un accès simplifié à l’information, un mode de diffusion viral, des coûts de fonctionnement faibles et largement mutualisés, etc. Seulement, il faut être prudent ; le terrain semble miné.

Il est intéressant malgré tout de surveiller ce qui se fait déjà. J’ai relevé deux systèmes d’évaluation/certification en ligne qui m’intéressent dans leurs principes de fonctionnement. Ils sont tous les deux relatifs au domaine de la santé : le HON Code et le site Avisanté.

Le Code HON est un dispositif qui garantit le qualité et fiabilité des sites Web véhiculant des informations médicales et de santé.

HON a été créé pour améliorer la qualité de l’information destinée aux patients et aux professionnels de santé afin de faciliter un accès rapide aux données médicales les plus pertinentes et les plus récentes.

HONcode est le plus ancien et le plus utilisé code de déontologie fiable pour l’information médicale et relative à la santé disponible sur Internet. Le HONcode est conçu pour deux types d’audience : le grand public et l’éditeur web, faisant participer activement responsable du site en cours de certification.

HON est une organisation non gouvernementale, internationalement connue pour son travail pilote dans le domaine de l’éthique de l’information médicale en ligne, notamment pour l’établissement de son code de conduite de déontologie, le HONcode.

La démarche est intéressante. Il s’agit d’une évaluation sollicitée par le site qui s’accompagne d’un engagement à respecter le Code HON. Suite à la requête du webmaster et à son engagement, le site est ensuite visité pour vérifier qu’il respecte bien les critères du Code. A l’issue de la procédure, le site est validé et il peut afficher son label, sous la forme d’une petite étiquette qui renvoie par un lien dynamique à la plateforme HON.

Le système est complètement international ; il est porté par une organisation non gouvernementale, sans but lucratif, créée en 1995 et accréditée par le conseil économique et social des Nations Unies. (Plus d’info sur HON)

Très différent dans son principe, Avisanté se présente commune une enquête permanente en ligne auprès des usagers du système de santé, afin d’évaluer en toute indépendance la qualité des soins.

Une enquête en ligne permanente n’est pas un sondage mais reflète l’avis que vous avez souhaité exprimer volontairement.
- Ce mode de recueil est accessible à tous et ouvre le domaine de l’enquête à ceux qui ne sont habituellement pas consultés,
-L’échantillon peut être corrigé par les données personnelles anonymes que vous nous communiquez (âge, sexe, code postal, catégorie socio-professionnelle),
-Le suivi dans le temps permet d’évaluer l’évolution de vos avis.

Ici ce qui m’intéresse, c’est la manière dont l’anonymat des répondants est préservé et garanti. Se pose également la question de l’indépendance de la société éditrice, question que j’ai commencé à aborder sur le blog Association1901.fr, à propos d’ONG-Scan, et aussi dans les commentaires du billet.

Voilà ce qu’en dit Avisanté dans son chapitre Charte-Garanties :

2 / L’indépendance et la neutralité
Avisanté est une société indépendante qui ne dépend d’aucun groupe. Ses dirigeants en sont les actionnaires majoritaires assurant ainsi l’indépendance éditoriale du site. Le partenariat avec les associations de patients et d’usagers, qui participent au capital, renforce cette indépendance puisque ces associations travaillent elle-mêmes à la protection de vos droits. Avisanté est idéologiquement neutre. Elle ne relève d’aucune sensibilité politique, morale ou religieuse. Elle n’est le porte-parole d’aucune organisation. Il va de soi que tout propos diffamatoire, raciste, antisémite ou portant atteinte à la vie privée est proscrit sur le site, conformément à la législation en vigueur.

A propos du tour de table d’Avisanté, on trouve des informations intéressantes sur le blog d’A. des Cassoirs .

Aucun des « financeurs potentiels, parmi lesquels les assureurs complémentaires », n´ayant souhaité s´engager à ses côtés, le radiologue (ndlr : J.F.Mazoyer, président de la société éditrice du site) a financé son entreprise – concrétisée sous la forme d´une société par actions simplifiée – grâce à un emprunt bancaire. Le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), l´association de lutte contre le sida Aides ainsi que l´Union nationale des associations familiales (Unaf), qui se sont investies dans le projet, ont chacune symboliquement acquis une part dans la société.

Si vous vous intéressez à ces questions d’évaluation, rejoignez-nous sur Qualité1901, une réseau Ning, où l’on réfléchit à l’évaluation des associations 1901.

Via David Taté.

 Un modèle de raisonnement juridique

Dans la série “comment choisir”, Michel Bénard a fait le blog et le wiki. je me dépêche de prendre “(pourquoi et) comment choisir un digg-like”.

Selon Wikipédia, Digg est un site Internet communautaire, typique du phénomène « Web 2.0 », qui a pour but de faire voter les utilisateurs pour une page Internet intéressante et proposée par un utilisateur. Il dispose de plusieurs catégories, telles Politique, Divertissement, Vidéos, Technologie…Il combine « social bookmarking », blog et syndication.

Les nouveaux articles et les sites Web soumis par les utilisateurs sont notés par d’autres utilisateurs et s’ils remportent le succès nécessaire, ils sont affichés en page d’accueil.”

J’aime bien les digg-like. Ils sont à la fois un archétype et les enfants terribles du web 2.0, capable du meilleur comme du pire, et toujours source d’inspiration pour les nouveaux services. Pour qui veut installer son identité numérique, la présence sur les Digg (généralistes ou spécialisés) est indispensable.

La gestion d’un Digg peut relever d’un véritable travail éditorial, combinant folksonomie, filtres et intervention de modérateurs. Elle repose principalement sur la technologie RSS et la soumission directe des liens par les utilisateurs. selon la quantité de contenus originaux et l’ambition éditoriale, un digg peut évoluer vers le modèle du média citoyen, de type agoravox .

Une araignée au plafond a fait un très bon billet de synthèse sur les digg francophones.

Il cerne très bien le modèle économique du digg :

“En tant que portails distincts, les outils de folksonomie que sont les Digg-like ne peuvent prétendre la place des outils d’information classiques proposés par les grands groupes des médias ou des portails destinés à promouvoir la presse. En effet, ne créant pas de contenu à proprement parler, leur valeur ajoutée dépend de la bonne volonté de leurs utilisateurs, d’une part, et du contenu tiers, d’autre part. Or, l’immense majorité des utilisateurs sont passifs et ne créent ni ne transmettent le contenu qu’ils consultent.

En revanche, ils ont leur place comme source d’information complémentaire, essentiellement insolite, amusante ou choquante, ou bien encore très spécialisée. Bref, les Digg-like ont surtout leur place dans les domaines peu concurrencés par les médias de masse dont le pouvoir d’attraction est plus important sur le grand public.

Quelques solutions libres pour un digg-like

Si le cœur vous en dit, l’araignée donne quelques pistes pour développer son propre digg. Pour qui veut diffuser des contenus, il peut être intéressant d’étudier cette option.

D’autant plus que créer son service web de type Digg-like est relativement simple. En effet, il existe divers scripts open source prêts à l’emploi. Parmi ceux-ci, l’araignée signale :

Pour ma part, je travaille avec PHPDug qui me donne entière satisfaction ; jugez-en par vous même.

Digg lanceurs alerte

Dans un prochain billet, je vous dirai tout ce que je n’aime pas dans les digg.

Par référé du 3 mars, le TGI de Paris vient d’enjoindre le site Not2be de mettre fin à la publication des données nominatives à propos des enseignants notés par leurs élèves.

J’avais annoncé sur ce blog la fin programmée d’un site dont le modèle économique consistait à donner aux élèves la possibilité “d’en mettre plein la g… à leur prof ” -une sorte de défouloir en ligne, en quelque sorte- au prix de violations caractérisée de la vie privée, tout cela sans aucune autre valeur ajoutée que de générer de la page vue et du clic publicitaire.

Aujourd’hui la page d’accueil de Not2be publie un commentaire assez naïf :

A la suite de la décision du Tribunal de Grande Instance de Paris note2be doit cesser de collecter et de traiter les noms et les notes des enseignants à compter du mercredi 5 mars à 16h32.

Nous sommes inquiets quant à l’avenir du Web 2.0 en France. En effet la décision prise par le TGI le 3 mars remet en cause le fondement même du web « contributif », dans notre pays.

Cette décision est alarmante au regard du principe de la liberté d’expression sur Internet en France, en particulier pour les élèves et étudiants français.

Nous allons faire appel de cette décision.
Nous reviendrons bientôt !

A l’analyse, on constate deux erreurs grossières.

Une méconnaissance des principes fondamentaux du droit.

La liberté d’expression des uns qui doit permettre à chacun d’exprimer librement ses opinions s’arrête là où commence la violation de la vie privée des autres. Rien n’interdit d’évaluer, ni même de publier en ligne ces évaluations, mais il faut impérativement recueillir l’accord préalable des intéressés et respecter cet avis en ne publiant pas les données nominatives en cas d’opposition.

La solution juridique serait différente à mon avis s’il s’agissait de professionnels ayant pignon sur rue ou d’acteurs économiques indépendants (ce que ne sont pas les enseignants en leur qualité de salariés de l’E.N.).

Web 2.0, UGC, liberté d’expression et relation pédagogique

Avec le concept de l’User Generated Content, le web 2.0 donne effectivement la parole aux usagers, qu’ils soient client d’entreprises marchandes, citoyens, utilisateurs de services en ligne. Cette prise de parole se fait souvent par l’évaluation et la notation, qui sont des manière simple et rapide de donner un avis.

Pourquoi pas les élèves alors ?

Tout simplement parce que cela déséquilibre et finit par détruire la relation pédagogique.

La notation et l’évaluation sont parties intégrantes du métier pédagogique et des taches professionnelles de l’enseignant. Tout enseignant ou formateur doit analyser les performances fournies par son public pour juger de l’efficacité de son action pédagogique. Ce qui est évalué par l’enseignant, c’est le travail et les performances (intellectuelles et sociales) de l’élève par rapport à des normes (censées) être objectives. Pour évaluer, il faut donc disposer d’un référentiel dont la maîtrise suppose une compétence technique préalable.

Techniquement il est donc impossible pour les élèves de “noter” leur professeur puisqu’ils ne disposent pas du référentiel nécessaire pour évaluer un processus pédagogique. Ce que peuvent faire les élèves par contre, c’est dire “j’aime ou j’aime pas”, “c’est clair ou çà ne l’est pas” et exprimer leur ressenti personnel et subjectif par rapport à ce qu’ils ’subissent” quotidiennement.

Donner aux élèves un outil de notation sous prétexte de rétablir un imaginaire équilibre dans la relation et de libérer la parole, c’est donc méconnaître la réalité de la relation pédagogique.

Il est important de libérer cette parole. Tous les formateurs pour adultes procèdent de cette manière et je sais que de nombreux collègues enseignants organisent régulièrement dans leur classe des espaces de parole libre où les élèves peuvent parler de leur ressenti.

Alors, pour un service 2.0, il y a certainement un créneau à prendre, une sorte de plateforme Ning des communautés pédagogiques mais il faudrait s’y prendre de manière un peu plus finaude que les concepteurs de Not2be ….

Un site très web 2.0 vient d’apparaître sur le marché : Not2be. Il permet aux élèves d’évaluer leur professeur, en leur attribuant des notes dans différents domaines (clarté, autorité, interactivité…)

L’évaluation est une forme plutôt répandue d’UGC. Sur de nombreux sites du web 2.0, les utilisateurs sont habitués à évaluer prestations et prestataires et cela participe pour une large part de l’efficacité du service rendu. Sur E-bay, on évalue les vendeurs, les digg-like permettent d’évaluer les auteurs, des sites spécialisés permettent aux voyageurs d’évaluer les destinations touristiques et les hôtels, etc.

Les outils en ligne permettent de donner facilement la parole aux clients/utilisateurs. Voter ne demande qu’un clic et avec le web 2.0, on serait tenté de mettre à l’évaluation tout et n’importe quoi.

Face à un commerçant de proximité, rien ne m’empêche plus de dire que je préfère telle crémerie ou tel coiffeur et de le publier sur le web, sur une carte, un forum ou un blog. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour des prestataires de service plus institutionnels comme les banques, les professionnels du droit et du chiffre. Face à ces prestataires de services hyper spécialisés, le consommateur est bien démuni : il se fie au bouche-à-oreille et à son intuition lors du premier contact.

L’évaluation de l’efficacité professionnelle présenterait de nombreux avantages, mais principalement, elle permettrait par la transparence de rééquilibrer le rapport de force entre consommateur et professionnel.

Alors pourquoi, je donne peu cher de l’avenir de Not2be ?

Un enseignant n’est pas une entreprise ayant pignon sur rue ; les élèves ne sont pas des clients. Publier en ligne des informations nominatives relatives à sa profession et l’endroit où elle travaille constitue une violation caractérisée de la vie privée.

Par ailleurs, le traitement automatisé de données nominatives malgré l’opposition des personnes concernées est sanctionné par l’article 226-18-1 du Code Pénal. Les enseignants auront beau jeu d’envoyer une petite lettre-type demandant le retrait des informations les concernant. Je vois vite le site crouler sous les demandes, sous le menace permanente d’une action judiciaire.

La justice s’est déjà prononcée sur ce genre d’affaire. Regardez ici (via le Village de la justice) une décision de la Cour d’Appel de Bourges à propos d’une liste nominative de notaires soi-disant indélicats.

En 2002-2003, une association avait entretenu et diffusé une liste noire recensant les noms et coordonnées de 2500 officiers ministériels, coupables selon l’association de malversations, d’irrégularités et de graves manquements à leurs obligations professionnelles.

La CNIL a été saisie par des notaires qui avaient fait exercice de leur droit de communication et de rectification. L’association n’avait pas donné suite à ces demandes et elle est sanctionnée par les juges. Pourtant il s’agissait de professionnels, mentionnés en dehors du cadre de la vie privée.

Un blog s’est monté pour fédérer les réactions négatives au site Not2be. J’ai également discuté de Not2be sur mon blog associatif, ici.

Affaire à suivre