Cela fait longtemps que j’ai le projet d’écrire un article long, structuré et bien documenté portant ce titre.

Mais une fois passé le premier élan de militantisme économique :-(

Mon vieux pote Charlot me souffle une parabole féconde, avec une blague de la fin du monde. C’est à lire sur F2FDM.

Moi j’ai bien ri…

Dans la série des bonnes idées 2.0 qui feront -à mon avis- un flop, (premier billet à propos de la déconfiture prévisible de Not2be), je voudrais parler aujourd’hui de Netcipia, une plateforme web 2.0 permettant de facturer à des tiers l’accès à votre expertise (comprenez vos contenus en ligne).

Bien que la société m’ait spammé, je n’ai pas pu m’empêcher de suivre le lien pour aller voir car ces questions de monétisation des contenus en ligne sont au coeur de l’actualité. Nous venons de parler sur Géant2.zero de la stratégie de monétisation d’un blog.

Ce domaine du web 2.0 est incontestablement en train de bouger : par exemple, le système SparkAngels a fleuri dans la sidebar de nombreux blogueurs à succès ; il permet aux utilisateurs d’acheter de la consultation en ligne auprès d’un expert. Ces nouvelles offres visent à exploiter les niches économiques de la longue queue : dans la masse de l’UGC, certaines éditeurs en ligne parviennent à tirer leur épingle du jeu. Parce qu’ils ont convaincus les autres utilisateurs de leur expertise, ils peuvent faire payer pour donner accès aux contenus qu’ils publient en ligne. Jusqu’à présent les outils pour le faire faisaient un peu défaut.

Netcipia propose également une solution pour vendre à des utilisateurs un accès privilégié à de l’information en ligne, en déclinant le modèle économique de l’affiliation. Trois types de service sont proposés pour accéder à des contenus en ligne :

  • Time-based subscription, l’utilisateur achète un abonnement sur une durée limitée dans le temps (semaines, mois, année, à vie)
  • Limited time access, l’utilisateur achète un nombre limité d’accès aux contenus
  • Pay per page access, l’utilisateur achète l’accès à une page en particulier. L’accès est valable de manière illimitée ou limitée à un nombre de jours ou un nombre de consultations.

Tout cela paraît bien intéressant, pourquoi donc cette triste prophétie ?

Le système proposé par Netcipia me paraît bien fragile et pour plusieurs raisons.

Netcipia est un système entièrement propriétaire.

Pour monétiser l’accès à vos contenus, vous devez obligatoirement les publier (sous forme de blog ou de wiki) sur la plateforme ! Je n’ai vu aucun widget à rajouter sur un blog, ni instructions pour faire prendre en charge par Netcipia un site existant. Personnellement j’ai 400 articles à monétiser dans mon blog ; je me vois mal les copiercoller sur le wiki.

Le système touchera donc plutôt des éditeurs qui rentrent sur le marché ou la monétisation de contenus ponctuels. En utilisant le pay per page access, on peut par exemple vendre des liens vers des téléchargements ou du code.

La concurrence des CMS, des systèmes de paiement en ligne et des widgets de chat

Un CMS comme Joomla permet très facilement de gérer des affiliations payantes. Combiné avec Paypal, des pages peuvent être réservées à des visiteurs ou abonnés payants. Par ailleurs, le composant CommunityBuilder (payant je crois) permet de gérer une multitude de canaux de distribution pour les contenus du site.

A moyen terme, je vois mal comment Netcipia ou SparkAngels pourraient encore garder un quelconque intérêt si Paypal, Google analytics/Feedburner ou Meebo (vs SparkAngels) décidaient d’investir ce domaine. Un système de paiement en ligne ou un outil de mesure analytique bénéficieront d’un avantage concurrentiel majeur sur le marché de la monétisation : ils sont en mesure de prendre en charge l’existant. Paypal est déjà sur la voie des widgets et Feedburner permet la diffusion sélective des publicités Adsense. Les outils de mesure du trafic devraient être en mesure de proposer un service de gestion d’accès aux pages qu’ils surveillent : en principe il suffit de pas grand chose pour modifier le code de n’importe quelle page web et en réserver l’accès à des personnes déclarées. Il ya là peut-être des réserves de valeur ajoutée pour des services alternatifs d’analyse du trafic web.

Alors un conseil à Netcipia (si je peux me peremttre) : pourquoi ne pas développer un plugin pour Wordpress et capter le marché des contenus fièrement propulsés par le leader du blogging. Chez Wordpress, il n’existe à ma connaissance aucun système fonctionnel (deux plugins permettent de gérer vaguement la diffusion des contenus : WP-Print pour imprimer des pages et Simply Newsletter (prometteur mais malheursement suspendu). Sauf erreur de ma part, il manque encore une solution pour monétiser de manière sélective les contenus d’un blog Wordpress, ce serait un créneau à prendre.

En attendant la version de base (accès public au contenus) de Netcipia permet à tout un chacun de mettre en ligne un blog et un wiki, au design agréable et facile d’utilisation.

Je commence ici la publication des anciens billets du blog “Créer et animer une association 1901″ qui avaient trait au web 2.0. Que les lecteurs de ce blog veuillent bien m’en excuser.

Ici j’ai fait sur le texte original quelques modifications.

Un débat est récurrent entre les les blogueurs : faut-il afficher des liens publicitaires sur son blog et quelle attitude face à la monétisation de la blogosphère par les régies publicitaires ? (Ici le témoignage précieux et la réflexion éclairante d’Eric Dupin)

Personnellement, j’affiche sur le blog “Créer et animer une association loi 1901” des annonces Adsense (régie publicitaire de Google) et je vois au moins 5 bonnes raisons de le faire :

- Les liens publicitaires sont une catégorie de contenus parmi d’autres. Quand je regarde les pubs affichées, je me dis que le ciblage n’est pas si mal fait et que ces liens procurent à mes visiteurs certaine valeur ajoutée.

- Je range le nombre de clics payants parmi les premiers critères d’évaluation d’un blog. Il s’agit de l’aptitude de l’outil en ligne à créer du lien social et de l’interactivité ; les clics sur les liens publicitaires sont un moyen comme un autre de rendre les utilisateurs actifs,

- Aussi minime soit-elle, la rémunération obtenue par les clics de l’utilisateur crée une contrepartie à l’engagement du blogueur et permet de se situer dans une logique d’échange. Avant d’être pris comme la rémunération d’un travail, les recettes publicitaires contribuent à concrétiser la valeur socio-économique du blog en tant que média d’information.

- Le calcul consistant à renoncer aux revenus de la publicité sous prétexte qu’ils sont minimes est irrationnel au plan macro-économique. On sait que les blogs de niche présentent une bonne attractivité marketing [via steph] ; c’est le marché de la longue queue. Renoncer à s’afficher dans la grande queue, c’est pénaliser la réalisation de ce nouveau média universel que nous promet le web 2.0.

- Lorsque le blog rend au lecteur un service à valeur ajoutée (avis d’expert, veille professionnelle, PA, etc), il est légitime d’attendre une forme de rémunération. Quand on se situe dans une démarche authentique, il doit toujours être possible d’aborder cette question ; il n’y a aucune honte à cela, la coopération et l’échange (monétisé ou pas) sont inscrits dans notre nature humaine, au sens anthropologique du terme

Tags: , , , , , ,