Avec toute l’agitation récente, j’avais oublié de vous signaler une chronique publiée sur enviedentreprendre à propos des blogs d’expert.

Je témoigne de ma pratique sur Association1901.fr et je m’essaye à donner quelques conseils.

  • Blog perso ou blog d’expert, il faut choisir
  • Considérer le lecteur occasionnel plutôt que le lecteur régulier
  • Identifier précisément les attentes des lecteurs
  • Utiliser des fils conducteurs
  • Faciliter l’accès à l’information
  • Se montrer disponible sans devenir esclave

C’est en ligne ici sur Envied’entreprendre.

Articles en rapport : comment monétiser ses contenus

La monétisation des blogs repose sur la place privilégiée qu’ils occupent dans l’économie de l’attention, ce fameux

capital immatériel, lié à la place que [le blog] occupe dans cette économie de l’attention

Avec sa forte aptitude à attirer un trafic qualifié et participatif, le blog constitue un média publicitaire idéal. Pour l’instant l’essentiel des revenus des blogs est procuré par l’affichage de publicités, la vente de bannières ou tout autre moyen de rediriger le trafic vers un annonceur commercial. L’émergence de régies publicitaires orientées “blog” et l’arrivée tonitruante sur le marché de sites entièrement dédiés à la thématique témoignent de ce nouvel engouement.

Mais ce modèle économique ne saurait demeurer la seule option pour qui veut tirer un revenu de son travail éditorial. Vendre le trafic généré par le blog ne peut que constituer un pis-aller, une solution d’attente.

S’il veux maximiser ses revenus, le blogueur doit rapidement envisager d’abandonner la monétisation de son trafic pour se concentrer sur la monétisation de son contenu. c’est l’application de la maxime TURN YOUR CONTENT INTO PRODUCTS (prônée par Blogprinting.com).

Si un visiteur est arrivé sur votre blog au gré de ses recherches, la probabilité pour que les contenus que vous proposez satisfassent ses attentes est forte. Parmi ces visiteurs qui recherchent les infos qui se trouvent sur votre blog, certains sont prêts à payer pour en disposer.

Je pars du principe intuitif que les recettes directes procurées par ces visiteurs qui restent sur mon site sont à terme supérieures aux recettes procurées indirectement par les visiteurs qui quittent mon site en cliquant sur les pubs.

La différence de paradigme entre les deux modèles se laisse aisément percevoir. En tant que canal de distribution, le blog doit se cantonner aux prétentions modestes d’un média publicitaire ; l’essentiel de la valeur lui échappe pour revenir au producteur. En revanche, la conservation du visiteur ouvre la porte à une relation marchande valorisant directement le goodwill du blog.

A propos des moyens de monétiser les contenus du blog plutôt que son audience, les solutions techniques font encore cruellement défaut. On peut lister les différentes tactiques permettant de recevoir les revenus du visiteur et non plus des régies publicitaires :

L’affiliation

Contre paiement d’un forfait, le visiteur accède à un espace réservé où il bénéficie de services divers et variés et d’un accès privilégié à tout ou partie des informations. On peut également citer dans ces techniques l’abonnement à une newsletter payante.

Des sections du blog peuvent être réservées aux abonnés, mais aussi des forums, des listes de liens, des catalogues de ressources.

Le choix du mode de distribution

C’est une variante de l’affiliation. le visiteur choisit sous quelle forme il désire recevoir les informations publiées sur le blog. La newsletter thématisée à la carte et la segmentation par RSS peuvent être mise à profit pour personnaliser les modalités éditoriales et les adapter aux besoins précis de l’utilisateur. On déclinera la périodicité, les thématiques, le niveau technique de l’édition, les offres privilégiées, les invitations à des événements exceptionnels.

La cession des contenus sous licence

Sur le principe inverse de la publicité contextuelle, les contenus du blog peuvent être cédés (sous forme de stock ou de flux) à des sites tiers relevant d’un contexte identique. Un fil d’actualité culturelle à l’échelle d’une commune peut être exporté sur le site municipal, ceux des commerçants et de tous les acteurs locaux présents sur le net.

Une autre solution consiste à proposer le téléchargement payant d’un document de synthèse donnant un accès raisonné à l’ensemble des contenus du blog, selon une taxonomie inédite. Une excellente réalisation de ce type se trouve chez 150 questions pour l’édition.

Le print

Certains blogs peuvent se prêter à l’édition “papier”. Il existe des solutions 2.0 pour les blogs de cuisine (lulu notamment qu’on transposera aisément aux blogs poétiques et autres carnets personnels).

Blogprinting propose une solution en ligne pour éditer son blog sur papier et le revendre sous forme de livre. Blurb propose également une solution qui semble bien adaptée aux blogs illustrés.

En conclusion, je dirai que pour envisager sérieusement de tirer un revenu décent de son blog, le blogueur aura intérêt à se voir plus comme un éditeur spécialisé que comme un panneau d’affichage bien placé.

Stephane Guérin -qui est quelqu’un de pragmatique- se demande quel est le Retour sur Investissement de son blog.

Ces questions d’évaluation me turlupinent depuis un moment ; j’ai déjà parlé ici de la monétisation des blogs.

Dès qu’il atteint une certaine taille critique, un blog ou un site internet développe sa propre dynamique économique. Le système acquiert une aptitude autonome à générer des revenus récurrents, indépendamment de la quantité de contenus nouveaux publiés. Ce phénomène est essentiellement lié à la qualité du référencement naturel dans les moteurs de recherche.

Cela se traduit dans la pratique de la manière suivante ; quand votre site cesse d’être mis à jour (frais de fonctionnement ramenés à zéro), il continue malgré tout à recueillir du trafic et vous apporter des revenus. Le ROI est alors maximisé.

On m’objectera que les sites “immobiles” meurent rapidement, que ce capital productif est bien fragile, à la merci de la prochaine visite du robot de Google, qui peut défaire en jour une réputation numérique, péniblement construite au fil des billets. Certes, mais il n’en reste pas moins une certaine valeur, l’écho persistant du travail de publication.

A chaque nouveau contenu mis en ligne, le blogueur ou l’éditeur d’un site accumule une sorte de capital immatériel, lié à la place qu’il occupe dans cette économie de l’attention. Cet actif pourrait s’analyser comme l’aptitude du blog à capter un certain trafic et à générer des transactions sociales, la trace creusée dans l’immensité numérique.

Le concept de goodwill (ou survaleur) me paraît bien s’appliquer à cette valeur résiduelle, capacité future de l’outil à générer un revenu. Elle doit être prise en compte dans tous les processus d’évaluation (ou de valorisation) des blogs et des sites de contenus éditoriaux.

Depuis le bide de Not2be, on s’interroge sur les limites à ne pas franchir en matière d’évaluation en ligne. Je n’ai encore rien lu de bien convaincant sur les enseignements juridiques à tirer de cette affaire (il faudra que j’ouvre un jour ce dossier).

Moi, je continue à réfléchir à mes histoires d’évaluation des associations 1901. Je donnerai bien à ce label de bonne gouvernance et de transparence financière un petit goût de web 2.0 : du contenu généré par les usagers, un accès simplifié à l’information, un mode de diffusion viral, des coûts de fonctionnement faibles et largement mutualisés, etc. Seulement, il faut être prudent ; le terrain semble miné.

Il est intéressant malgré tout de surveiller ce qui se fait déjà. J’ai relevé deux systèmes d’évaluation/certification en ligne qui m’intéressent dans leurs principes de fonctionnement. Ils sont tous les deux relatifs au domaine de la santé : le HON Code et le site Avisanté.

Le Code HON est un dispositif qui garantit le qualité et fiabilité des sites Web véhiculant des informations médicales et de santé.

HON a été créé pour améliorer la qualité de l’information destinée aux patients et aux professionnels de santé afin de faciliter un accès rapide aux données médicales les plus pertinentes et les plus récentes.

HONcode est le plus ancien et le plus utilisé code de déontologie fiable pour l’information médicale et relative à la santé disponible sur Internet. Le HONcode est conçu pour deux types d’audience : le grand public et l’éditeur web, faisant participer activement responsable du site en cours de certification.

HON est une organisation non gouvernementale, internationalement connue pour son travail pilote dans le domaine de l’éthique de l’information médicale en ligne, notamment pour l’établissement de son code de conduite de déontologie, le HONcode.

La démarche est intéressante. Il s’agit d’une évaluation sollicitée par le site qui s’accompagne d’un engagement à respecter le Code HON. Suite à la requête du webmaster et à son engagement, le site est ensuite visité pour vérifier qu’il respecte bien les critères du Code. A l’issue de la procédure, le site est validé et il peut afficher son label, sous la forme d’une petite étiquette qui renvoie par un lien dynamique à la plateforme HON.

Le système est complètement international ; il est porté par une organisation non gouvernementale, sans but lucratif, créée en 1995 et accréditée par le conseil économique et social des Nations Unies. (Plus d’info sur HON)

Très différent dans son principe, Avisanté se présente commune une enquête permanente en ligne auprès des usagers du système de santé, afin d’évaluer en toute indépendance la qualité des soins.

Une enquête en ligne permanente n’est pas un sondage mais reflète l’avis que vous avez souhaité exprimer volontairement.
- Ce mode de recueil est accessible à tous et ouvre le domaine de l’enquête à ceux qui ne sont habituellement pas consultés,
-L’échantillon peut être corrigé par les données personnelles anonymes que vous nous communiquez (âge, sexe, code postal, catégorie socio-professionnelle),
-Le suivi dans le temps permet d’évaluer l’évolution de vos avis.

Ici ce qui m’intéresse, c’est la manière dont l’anonymat des répondants est préservé et garanti. Se pose également la question de l’indépendance de la société éditrice, question que j’ai commencé à aborder sur le blog Association1901.fr, à propos d’ONG-Scan, et aussi dans les commentaires du billet.

Voilà ce qu’en dit Avisanté dans son chapitre Charte-Garanties :

2 / L’indépendance et la neutralité
Avisanté est une société indépendante qui ne dépend d’aucun groupe. Ses dirigeants en sont les actionnaires majoritaires assurant ainsi l’indépendance éditoriale du site. Le partenariat avec les associations de patients et d’usagers, qui participent au capital, renforce cette indépendance puisque ces associations travaillent elle-mêmes à la protection de vos droits. Avisanté est idéologiquement neutre. Elle ne relève d’aucune sensibilité politique, morale ou religieuse. Elle n’est le porte-parole d’aucune organisation. Il va de soi que tout propos diffamatoire, raciste, antisémite ou portant atteinte à la vie privée est proscrit sur le site, conformément à la législation en vigueur.

A propos du tour de table d’Avisanté, on trouve des informations intéressantes sur le blog d’A. des Cassoirs .

Aucun des « financeurs potentiels, parmi lesquels les assureurs complémentaires », n´ayant souhaité s´engager à ses côtés, le radiologue (ndlr : J.F.Mazoyer, président de la société éditrice du site) a financé son entreprise – concrétisée sous la forme d´une société par actions simplifiée – grâce à un emprunt bancaire. Le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), l´association de lutte contre le sida Aides ainsi que l´Union nationale des associations familiales (Unaf), qui se sont investies dans le projet, ont chacune symboliquement acquis une part dans la société.

Si vous vous intéressez à ces questions d’évaluation, rejoignez-nous sur Qualité1901, une réseau Ning, où l’on réfléchit à l’évaluation des associations 1901.