Je commence ici la publication des anciens billets du blog “Créer et animer une association 1901″ qui avaient trait au web 2.0. Que les lecteurs de ce blog veuillent bien m’en excuser.

Ici j’ai fait sur le texte original quelques modifications.

Un débat est récurrent entre les les blogueurs : faut-il afficher des liens publicitaires sur son blog et quelle attitude face à la monétisation de la blogosphère par les régies publicitaires ? (Ici le témoignage précieux et la réflexion éclairante d’Eric Dupin)

Personnellement, j’affiche sur le blog “Créer et animer une association loi 1901” des annonces Adsense (régie publicitaire de Google) et je vois au moins 5 bonnes raisons de le faire :

- Les liens publicitaires sont une catégorie de contenus parmi d’autres. Quand je regarde les pubs affichées, je me dis que le ciblage n’est pas si mal fait et que ces liens procurent à mes visiteurs certaine valeur ajoutée.

- Je range le nombre de clics payants parmi les premiers critères d’évaluation d’un blog. Il s’agit de l’aptitude de l’outil en ligne à créer du lien social et de l’interactivité ; les clics sur les liens publicitaires sont un moyen comme un autre de rendre les utilisateurs actifs,

- Aussi minime soit-elle, la rémunération obtenue par les clics de l’utilisateur crée une contrepartie à l’engagement du blogueur et permet de se situer dans une logique d’échange. Avant d’être pris comme la rémunération d’un travail, les recettes publicitaires contribuent à concrétiser la valeur socio-économique du blog en tant que média d’information.

- Le calcul consistant à renoncer aux revenus de la publicité sous prétexte qu’ils sont minimes est irrationnel au plan macro-économique. On sait que les blogs de niche présentent une bonne attractivité marketing [via steph] ; c’est le marché de la longue queue. Renoncer à s’afficher dans la grande queue, c’est pénaliser la réalisation de ce nouveau média universel que nous promet le web 2.0.

- Lorsque le blog rend au lecteur un service à valeur ajoutée (avis d’expert, veille professionnelle, PA, etc), il est légitime d’attendre une forme de rémunération. Quand on se situe dans une démarche authentique, il doit toujours être possible d’aborder cette question ; il n’y a aucune honte à cela, la coopération et l’échange (monétisé ou pas) sont inscrits dans notre nature humaine, au sens anthropologique du terme

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Si je me passionne pour le web 2.0 (moi qui n’ai rien d’un geek), c’est que je suis persuadé que cette nouvelle approche de l’internet préfigure une organisation économique et sociale alternative, plus respectueuse des hommes et de leur environnement.

L’esprit du web 2.0 (proximité et participation) peut être transposé à certains secteurs de l’économie traditionnelle ; c’est ce qu’on appelle l’économie directe ou le circuit court.

Le circuit court existe surtout dans le domaine des denrées alimentaires. Il vise à privilégier un lien direct entre producteur et consommateur, lien construit sur la proximité géographique et la participation active du consommateur.

Ce manière de voir le commerce présente plusieurs avantages.

En supprimant les intermédiaires, elle met fin au phénomène bien connu en économie de l’empilement des marges. En cela, elle permet une répartition différente de la valeur ajoutée (meilleure rémunération du producteur et/ou baisse de prix).
Par ailleurs, la proximité géographique entre les lieux de production et de consommation réduit les transports, ce qui est favorable sur le plan écologique, mais également pour la qualité et le prix du produit.

En France ce sont principalement les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) qui portent ce flambeau. Une AMAP fédère un groupe de consommateurs autour d’un agriculteur. Les consommateurs s’engagent à recevoir régulièrement une livraison et quelques fois préfinancent la récolte.

Pour le producteur, les avantages sont évidents : il pourra ainsi écouler tout ou partie de sa production de manière sécurisée et avantageuse en terme de prix (suppression des intermédiaires avec lesquels le rapport de force est toujours défavorable).

Pour les consommateurs, les bénéfices sont également réels. Le lien de proximité avec celui qui produit ce qui se trouve dans votre assiette est rassurant, voire revigorant. La possibilité de se rendre sur place, de voir, -quelques fois de participer- répond à l’attente de nombreux consommateurs.

Au Japon, ils sont en train d’inventer le circuit court totalement 2.0 ; regardez ici comment les agriculteurs japonais peuvent marketer eux-même leurs produits avec leur…téléphone portable (via le groupe Yahoo lelienccircuitcourt).

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En réponse à business garden qui dans un excellent billet de synthèse se pose la question des centaines de réseaux sociaux, pour quoi faire ?

Le succès des réseaux sociaux en ligne et autres systèmes communautaires du web 2.0 repose sur notre tendance archaïque à nous chercher des partenaires.

Les anthropologues ont démontré que l’homo sapiens était une espèce collaborative par excellence. Il apparaît que les humains sont certes des mammifères supérieurs mais ils sont plutôt “généralistes” en terme de compétences et assez “médiocres” sur le plan des performances physiques. Pour cette raison, ils ne peuvent survivre et se réaliser que dans l’interaction avec leur semblables ; ils sont donc habitués à chercher en toutes circonstances des partenaires avec qui collaborer en vue d’une bénéfice mutuel.

Tout au long du processus d’hominisation, la socialisation nous a été imposée, souvent de manière cruelle : pendant quelques millions d’années, disposer de partenaires fiables (pour la chasse, s’occuper des enfants, organiser la cueillette et la conservation des aliments, procurer outils et armes, garder la hutte et entretenir le feu pendant mes absences, etc) a été une condition de survie.

Par ailleurs, les âges sombres qui nous ont précédés connaissaient une logique tout binaire : celui qui n’était pas un collaborateur potentiel se transformait vite en prédateur. Dans de nombreuses circonstances, il nous faut rapidement pouvoir se “faire un avis”.

La sociologie et les sciences cognitives ont démontré que cette tendance (quasiment innée) à la socialisation est effectivement guidée par le principe de fiabilité. Dans les multiples communautés qui s’offrent à nous, on choisit toujours celles dont les membres présentent pour nous la plus grande fiabilité. Cela commence chez l’enfant qui construit son premier réseau à partir des ascendants et collatéraux qui l’entoure.

Le cerveau est ainsi fait que, face à toute sollicitation sociale, je dispose intuitivement d’une prise de position toute personnelle : est-ce que la personne m’est sympathique, suis-je en confiance, peut-on engager la conversation, quels types d’interaction suis-je prêt à envisager dans ce contexte, etc. C’est un peu les mêmes mécanismes qui sont à l’oeuvre dans le métro aux heures de pointe, quand l’on ressent immédiatement qu’une certaine personne est trop proche de soi.

Sur le plan anthropologique, ces comportements posent la question fondamentale de la confiance en autrui ; de quelles manière ont vient-on à porter un jugement sur l’aptitude d’un tel à collaborer -au sens social, interagir- avec soi, dans une relation bénéfique et durable ?

Le cerveau compile très rapidement de nombreux indices, à partir desquels il établit immédiatement une projection, des anticipations positives ou négatives, qui vont déterminer mon comportement et décider de la suite de l’interaction sociale.

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